La Faculté m’a appris, et continue d’apprendre, à « faire taire » les symptômes à des étudiants sélectionnés pour la plupart pour leur compliance. Mais le symptôme est le langage de la vie. Il est l’appel du vivant à être compris, entendu. Évidemment, je ne suis pas en train de dire qu’il est merveilleux d’être malade et de présenter des symptômes. Je tente seulement de vous ouvrir les yeux sur une réalité clinique. Nous écoutons les symptômes car ils désignent le chemin vers le remède curateur, c’est littéralement le langage de la nature que le Maître de l’Art de Guérir doit apprendre à observer.
L’homéopathie nous montre toute la dangerosité de l’illusion qui consiste à combattre les symptômes. Toute la médecine industrielle moderne est basée sur une approche qu’on peut qualifier de paranoïaque, en emboîtant le pas à Pasteur dans une vision insensée de la biologie, assiégée par les méchants microbes. L’idéal médical actuel consiste à aligner, comme autant de divisions sur un champ de bataille, autant de drogues qu’il faut pour faire taire l’expression symptomatique, au détriment de la logique la plus élémentaire, en ne tenant compte ni de l’unicité du patient, ni des interactions médicamenteuses.
Il est digne d’intérêt de remarquer que le totalitarisme est issu d’une pensée paranoïaque[1]. Il est logique d’inférer qu’un système basé sur une pensée totalitaire soit lui-même une forme de totalitarisme. Et le tsunami du Covid nous l’a largement démontré : répression systématique de toute pensée discordante, élimination de l’opposition, narratif qui fonde le système, besoin du contrôle intime des pensées, promotion des collaborateurs médiocres mais qui répètent bien la doxa. Tous les ingrédients sont présents dans cette « médecine » industrielle qui a dévoilé pour le coup son vrai visage.
Relevons ici tous les vocabulaires guerriers utilisés couramment comme « vaincre », « terrasser », « détruire », « éliminer », tous en adéquation avec la même pensée folle qui implique que l’organisme est assiégé, que la maladie est exogène et doit être matée.
La seconde idée dans ce narratif consiste à présenter et à traiter la partie malade comme si elle était locale et indépendante, ce qui revient à commettre la même erreur de pensée que lorsqu’on se représente la terre comme plate et immobile. En médecine aussi, la réalité se situe aux antipodes du sens commun.
Mais cette abstraction permet de mettre au point des produits chimiques capables d’interférer avec la production du symptôme. C’est tout ce qui compte pour l’industrie qui va faire ses profits, et plus personne dans les rangs des étudiants en médecine ne réalise la supercherie.
Or l’observation montre que tout patient présente une totalité de symptômes, chacun touchant diverses localisations de l’organisme, s’exprimant dans un éventail quasi infini de modalités et de sensations diverses. Il est permis de dire que jamais il n’y a eu deux maladies identiques dans l’histoire de l’humanité, chaque patient produisant son propre faisceau de symptômes particuliers. Cette manière particulière de s’exprimer montre irréfutablement que chaque organisme possède sa propre physiologie perturbée.
Il n’est pas scientifiquement possible de répondre à la question du pourquoi du symptôme, le domaine de la métaphysique ne nous appartenant pas. Mais il se déduit de tout ce qui précède que le symptôme produit par l’organisme malade représente pour lui le meilleur compromis en fonction de son hérédité et des divers facteurs agissant sur lui (c’est la fameuse notion de constellation hippocratique, bien loin de la simple bijection[2] allopathique).
L’absurdité d’un traitement « localisé » dans un organisme perturbé d’une manière générale apparaît en prenant une seconde de réflexion, mais le raisonnement implacable consiste à penser qu’en « tripotant » le symptôme on entraîne un déséquilibre général dont les retentissements sont imprévisibles.
Or c’est exactement ce qui se passe : à mesure des traitements palliatifs allopathiques, de nouvelles pathologies apparaissent invariablement sur des plans physiques toujours plus profonds. Cette notion de niveau de santé[3] est propre à l’homéopathie et n’a pas encore effleuré de cerveau allopathique (si je puis me permettre l’oxymore).
Lorsqu’à force de suppressions, l’organisme ne parvient plus à « stocker » la perturbation générale sur le plan physique, alors le plan émotionnel commence à s’entamer avec la dépression, l’anxiété, les phobies, les tendances suicidaires. Enfin quand ce plan commence à saturer, le plan mental se dérègle à son tour, produisant folies et autres illusions.
Il suffit maintenant de regarder la société qui vous entoure pour avoir aussi bien la confirmation de ce que j’avance et identifier le rôle éminent de la médecine dans cette destruction généralisée.
Aphorisme du mois : « La maladie n’est rien d’autre qu’une perturbation de la force vitale.»
Mon analyse : Les symptômes sont les signes extérieurs d’un déséquilibre invisible. Ils sont la clé du traitement, pas l’obstacle.
Cas clinique : En Suisse, une patiente traitée depuis 15 ans pour un eczéma chronique. Tous les traitements dermatologiques avaient échoué. Quelques doses de Sulphur bien ciblées, à la bonne posologie, et un an plus tard, elle est libre. Mais surtout : elle a changé de vie.
[1] Voir les travaux fondamentaux d’Ariane Bilheran sur le sujet de la Psychopathologie du Totalitarisme.
[2] Une bijection est une relation mathématique entre deux ensembles (comme deux groupes d’objets) où chaque élément du premier ensemble est associé à exactement un élément unique du second, et vice versa.
[3] Voir Les Niveaux de Santé, par Georges Vithoulkas, traduit par E Broussalian et J.-C Ravalard. Disponible dans le shop de l’école.